La ligne Chauvineau

La ligne Chauvineau (carte)

La ligne Chauvineau (carte)

Est un ensemble de fortifications dont la construction a débuté juste avant la Seconde Guerre mondiale, destiné à la défense de Paris. Cette ligne se déploie en arc de cercle autour de Paris, sur une longueur de 130 km. Étudiée dès 1931 mais commencée qu’en 1939, sa réalisation fut trop tardive et trop sommaire pour avoir un quelconque rôle en 1940.

On retrouve dès le 13 janvier 1930 les premières préoccupations de la Commission d’Études de la Défense Nationale pour la constitution d’une ligne de défense pour protéger la capitale. Ce sujet est immédiatement pris en compte par le général Gamelin qui, le 17 mars 1931, donne l’ordre d’étudier une ligne de défense de la région de Paris.

Ligne Chauvineau

Ligne Chauvineau

Rien ne se fera pendant plusieurs années : la Ligne Maginot capte l’essentiel des crédits et de l’attention. Cependant, en 1938, le général Billotte, alors gouverneur de la place de Paris, révise les plans établis en 1931 pour recommander une ligne plus courte (sa longueur passe de 250 km à 150 km) et plus proche de la capitale, ce qui permettra de limiter les forces nécessaires à sa défense.

À la déclaration de guerre, pris de doutes, l’État-major s’inquiète en effet de la vulnérabilité des défenses du nord de la France, et une note du 26 juillet 1939 du même général Billotte précise le rôle et l’urgence des travaux. Si celui-ci avait bien compris l’efficacité de la Blitzkrieg pendant la campagne de Pologne, il ne pouvait que recommander la construction d’une ligne défensive en espérant d’avoir les divisions mécanisés qui manquaient à l’armée française.

En septembre 1939 les études sont reprises et les travaux démarrent sous la direction du général Chauvineau. Les travaux sont découpés suivant trois niveaux d’urgence :

Amorcer la position en organisant des môles de résistance aux trouées les plus exposées (trouées de Crépy-en-Valois et de Betz, plateaux entre le Grand Morin et le bois Sud de Nangis ainsi qu’entre le Grand Morin et la Marne, vallées de Oise et de l’Ourcq)
Réaliser un obstacle antichar continu sur tout le front, en privilégiant la position au sud de l’Oise puis celle au nord de l’Oise.
Assurer la continuité de la défense et donner de la profondeur.
L’approche des Allemands au début de juin 1940 stoppe définitivement les travaux.
La Ligne était essentiellement vue comme une ligne de défense antichar susceptible d’arrêter des engins motorisés et de couvrir Paris (à l’instar de la Ligne Maginot). Se déployant finalement sur une longueur de 130 km suivant un demi-cercle protégeant le nord de Paris, elle ne devait être édifiée qu’au dernier moment, suivant les recommandations du général Gamelin :

« Aucun commencement de réalisation en temps de paix. Il ne sera constitué, d’autre part, aucun stock de matériel. (…) Les travaux de défense devront commencer aussitôt que possible après l’ordre de mobilisation. Les études à faire en temps de paix porteront sur le tracé de la position, les travaux d’organisation, l’ordre d’urgence des travaux. »

Maurice Gamelin, note du 17 mars 1931 au Général Gouverneur de Paris
Cette fortification était assez légère (les dispositifs équivalents de la Ligne Maginot n’étaient d’ailleurs appelés que ligne défensive), essentiellement constituée de petites casemates ou de places de tir pour l’artillerie. Il n’était pas prévu de doter cette position d’armes spécifiques mais elle devait être équipée, le moment venu, avec l’armement organique des troupes chargées de la défense de la position : mitrailleuse Hotchkiss Mle 1914 et Canon léger de 25 antichar SA-L modèle 1934. Cet armement fut complété à partir de 1940 par des emplacements pour des pièces de marine de 47 mm et de 65 mm.

Il n’était pas envisagé de construire une organisation défensive complète telle qu’elle est prévue dans les règlements généraux avec ses trois lignes décalées (ligne d’avant-postes, ligne principale de résistance et ligne d’arrêt), mais de ne réaliser qu’une unique ligne principale de résistance.

Sur la courte période de 9 mois que dura sa construction, l’activité fut intense : près de 300 casemates et 14 km de fossés antichars furent construits. Les zones inondables le long de la Nonette et de la Grivette furent organisées. Des barrages antichar de tétraèdres furent mis en place, en complément du minage des ponts. Le matériel étant en priorité réservé aux frontières du nord et de l’est, très peu de réseaux de fil de fer purent être posés.

Pour l’ensemble de ces travaux, un crédit prévisionnel de dix millions de francs français avait été ouvert sur 1939. Six millions furent utilisés en 1939, quatre reportés sur 1940. Un crédit supplémentaire de 6 millions pour 1940 sera demandé. le planning avait également été très optimiste: un délai de réalisation de quatre mois avait été planifié, alors que les études d’avant-guerre devaient être recommencées à cause des changements tardifs du tracé de la Ligne.

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