13 juin 2017

Petit ouvrage de La Ferté

Ouvrage d’infanterie, 5ème classe (types nouveaux fronts)

L’ouvrage de la Ferté est un ouvrage de la ligne Maginot situé sur les communes de Villy et de La Ferté-sur-Chiers, dans le département des Ardennes. Secteur fortifié de Montmédy

L’édifice, bâti au sommet d’une colline (cote 215) ayant pour nom La Croix de Villy, est parfois appelé ouvrage de Villy-La Ferté.
C’est un petit édifice dédié à l’infanterie, comptant deux blocs reliés entre eux par une galerie souterraine. Construit à partir de 1935, le bâtiment fut endommagé par les combats de mai 1940. C’est l’un des points les plus célèbres de la ligne, marquant la limite septentrionale de la ligne fortifiée et constituant le premier ensemble attaqué par les Allemands. Ce petit fort sans grande puissance de feu (des mitrailleuses, des fusils mitrailleurs, des goulottes lance-grenade et quelques canons antichar de petit calibre), fut longé par le nord, puis pilonné par plus de 250 canons allemands. Il ne bénéficia pas de l’appui des deux casemates censées l’épauler, équipées de canons de 75 mm mais prématurément abandonnées. Durant la nuit du 18 au 19 mai 1940, il fut attaqué par l’ouest alors qu’il était conçu pour se défendre contre des attaques venant du nord et de l’est. L’intégralité de sa garnison fut anéantie.

  • Année(s) : 1935 – 1937
  • Implantation : 29 juillet 1935
  • Construction : CORF
  • Matériaux : béton armé, acier
  • Prix de revient : 14 500 000 francs
  • Entreprise : Chanel (Antibes)
  • Nombre de blocs : 2 blocs
  • Équipage :  97 hommes et 3 officiers
  • Régiment(s) : 155ème  RIF, 169ème  RAP et 18ème  RG
  • Commandant l’ouvrage : Lieutenant Bourguignon (en remplacement du lieutenant Guiard, 20 mars 1940)

Éclairage :

– lampe à pétrole, fabrication Épervier Gillet & Compagnie
– lanterne de secours à bougie, fabrication A.Butin modèle triangulaire à applique

Plans : masse du 16 mars 1934, 30 juin 1934 et 8 mai 1935; implantation du 29 juillet 1935.

Prévu pour recevoir 1 tourelle de 75 modèle 1905, l’ouvrage se limite à 2 blocs d’infanterie’ auxquelles sont adjointes 2 casemates d’artillerie indépendantes. En 2ème cycle, l’ouvrage aurait dû recevoir 1 entée séparée (étudiée en avril 1940)

Bloc 1 : casemate de mitrailleuses flanquant vers l’est + entrée

– grille extérieure en façade G, type 9 ter,( largeur 1 m ou 9 quater largeur 0.80 m),
– porte intérieure blindée étanche G en chicane, type 4 ter (largeur 1 m ou 9 quater largeur 0.80 m)

– 1 créneau JM (n° 1059) /AC 47 mm, trémie n°4, modèle 1929
– 1 créneau JM (n° 1107)
– 2 cloches AM
– 1 cloche obs/VDP
– 1 cloche GFM type B

Bloc 2 : bloc infanterie ouest :

– 1 tourelle 2 AM (n° 571) sautée en 1940,
Tourelle de mitrailleuses ((12 tourelles), entièrement attribué au Nord-Est, transformation par la Société des Ateliers et Chantiers de la Loire, établissement de Saint-Denis)

– 1 cloche GFM type B
– 1 cloche AM
– 1 cloche .FM type B/cloche obs. + entrée secondaire (sous-lieutenant Thouémont)

– grille extérieure en façade G, type 9 ter,( largeur 1 m ou 9 quater largeur 0.80 m),
– porte intérieure blindée étanche G en chicane, type 4 ter (largeur 1 m ou 9 quater largeur 0.80 m)

Usine : 2 groupe électrogènes CLM 25 ch (Compagnie Lilloise des Moteurs), Type 108

Pour que le fonctionnement de tous les matériels mis en oeuvre dans les ouvrages soit assuré en permanence, il est prévu que tous les ouvrages disposent d’une source d’alimentation propre constituée par un groupe de moteurs diesels destinés à produire le double de l’énergie nécessaire à chaque ouvrage. L’ensemble de ces groupes ainsi que tous les éléments nécessaires à leur bon fonctionnement sont regroupés dans une série de locaux situés en principe à proximité immédiate de l’entrée des hommes par où s’effectue l’évacuation des gaz et regroupés sous la dénomination globale d’usine.

Un groupe CLM de 8 ch (Compagnie Lilloise des Moteurs), de secours destiné à l’éclairage de l’usine et au rechargement des bouteilles d’air comprimé nécessaire au lancement des groupes,

Magasin M 2 est un local plus spécialisé puisqu’il ne contient que les munitions propres à un bloc de combat. Il est situé au pied même des blocs de combat et se compose généralement de deux cellules séparée.Dans ces cellules, le stockage des cartouches de 75 mm se fit dans des châssis métalliques prêts à être transportés par monorails et monte-charges vers l’étage supérieur du bloc de combat. Ces châssis modèle 1934 de types légèrement différents, sont ouverts aux deux extrémités, ce qui permet de visser les fusées sur les projectiles alors qu’ils ont encore dans les châssis. Pour les bombes de 135 mm, le stockage se fait dans des plateaux comportant 12 projectiles. Les ouvrages d’artillerie ne possédant pas de magasin central M 1, ils sont au nombre de dix dans le Nord-Est comportent des magasins M 1 – M 2, cellule M 1 munitions en caisses, cellules M 2 munitions en châssis.

Magasin M 3 consiste en des armoires métalliques ou en bois, situées à proximité immédiate des pièces et servant de réserve pour le cas où l’approvisionnement viendrait à cesser. Chaque pièce de 75 dispose d’une réserve de 600 coups dont une grande partie sont des obus explosifs ou à balles destinés à faire face à une attaque rapprochée. Le complément, en cas de tirs, par des chargements mobiles en attente sur les rails aériens. En outre, chaque bloc d’infanterie d’ouvrage ou d’un PO dispose d’un locale souterrain, situé au pied de la cage d’escalier, où sont entreposées les caisses de cartouches.

Munitions d’infanterie

JM 7,5 mm
– 140 000 par jumelage sous cloche ou créneau
– 200 000 par jumelage sous tourelle
FM 7,5 mm
– 40 000 par FM sous cloche ou créneau
– 1 000 par FM de défense d’entrée

www.ouvragelaferte.fr