13 juin 2017

La Ligne Maginot

Du nom de l’homme politique et ministre de la guerre André Maginot, est une ligne de fortifications et de défense imaginée par la commission d’organisation des régions fortifiées et construite par la France le long de ses frontières avec la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse et l’Italie au cours des années 1920-1930. Le terme ligne Maginot désigne parfois le système entier, mais souvent il désigne uniquement les défenses contre l’Allemagne théâtre d’opérations du Nord-Est, tandis que les défenses contre l’Italie sont appelées ligne alpine (théâtre d’opérations du sud-est). À ces 2 ensembles se rajoutent les fortifications de Corse, de Tunisie la ligne Mareth et d’Île-de-France la ligne Chauvineau. Le pendant allemand de la ligne Maginot est la ligne Siegfried. Avec le temps, l’expression de ligne Maginot est devenue synonyme d’une défense qu’on croit inviolable, mais qui se révèle totalement inutile.

La ligne doit son nom à André Maginot, le ministre de la guerre français du 3 novembre 1929 au 17 février 1930 qui a obtenu le vote en décembre 1929 de la loi permettant le financement des régions fortifiées. Pour l’armée française, la désignation officielle est la fortification permanente ou les régions fortifiées. Le terme de ligne Maginot provient de la presse, où il commence à être employé à partir de 1935, repris par le ministre de la guerre Jean Fabry en août 1935 lors de l’inauguration du monument Maginot près de Verdun. La ligne Maginot est surtout un dispositif extrêmement complexe qui s’échelonne en profondeur sur différents niveaux depuis la frontière.

La ligne n’a pas été conçue de manière homogène, et sa réalisation n’a en général pas été conforme aux projets d’origine pour des raisons essentiellement budgétaires. Dans les parties les plus conformes aux projets initiaux secteur de Thionville en particulier, on distingue quatre parties distinctes :

  1. La ligne des avant-postes, destinée avant tout à détecter une attaque brusquée et à la retarder un temps grâce à des dispositifs prévus à l’avance (routes minées) pour laisser le temps à la ligne principale de résistance de se mettre en état d’alerte.
  2. La ligne principale de résistance est à environ 2 km derrière les avant-postes. Elle était matérialisée par un double réseau de rails antichars et de barbelés tout le long de la frontière, balayée par les axes de tir à la mitrailleuse des casemates, et couvert par les tirs d’artillerie des gros ouvrages.
  3. Les abris d’intervalles destinés à assurer le soutien des troupes combattantes à l’air libre. Il s’agit en fait de casernes souterraines équipées uniquement pour le combat rapproché.
  4. L’arrière du front comporte tous les équipements de soutien logistique réseau de téléphone et d’électricité, routes et voies ferrées militaires de 0,60 m dérivées du système Péchot, dépôts de munitions, casernes de temps de paix, etc.

La ligne principale de résistance est avant tout basée sur un barrage de tirs de mitrailleuses le long de l’obstacle que forment les 2 réseaux de barbelés et de rails antichars, presque en continu de la mer du Nord à la Suisse. Le réseau de fil de fer barbelé est large de 12,50 m, soit six rangs de piquets en forme de queues de cochon 1 m de haut qui soutiennent les fils en formant des vagues, avec des ardillons plantés dans le sol et dépassant de 20 cm. Le rôle du réseau est de freiner l’infanterie assaillante pour que les mitrailleuses puissent la faucher.

Le réseau de rails est composé de sections de rail de 3 m enterrées à la verticale sur 6 rangs de profondeur, dépassant de 60 cm à 1,30 m au-dessus du sol. Son rôle est d’arrêter les véhicules assaillants le temps que les canons antichars les détruisent.

 – Les secteurs fortifiés de la ligne Maginot