La ligne Chauvineau

La position de défense de la région Parisienne

La position bétonnée de la défense de Paris, appelée également ligne Chauvineau du nom du général qui l’à fait construire,est l’exemple type d’une ligne de fortification dont la réalisation a sans cesse été repoussée par l’absence de volonté politique et de crédits, pour finalement être construite dans l’urgence, avec une utilité contestable en juin 1940.

C’est le président du conseil André Tardieu qui, le 30 juillet 1930, demande d’assurer, quoi qu’il arrive, le fonctionnement des rouages gouvernementaux de capitale, le maintien de l’activé industrielle ainsi que la protection de la population de Paris. Quelques mois plus tard, la DM du 17 mars 1931 définit les grandes lignes d’une position défensive tracée sur la ceinture nord de la région parisienne, à environ 30 à 40 km, de façon à protéger Paris, les usines et les nœuds de voies ferrées de la grande banlieue vis-à-vis des tirs des canons lourds. Son étude est confiée au gouverneur militaire de Paris, avec cette réserve toutefois qu”aucun travail effectif ne sera réalisé pendant le temps de paix.

Après plusieurs années d’errements devant l’aggravation de la situation internationale, le sujet redevient d’actualité en juillet 1939 quand le général Billotte demande que cette position soit constituée de môles barrant l’Oise, l’Ourcq, la Marne et le Grand-Morin. Ensuite, on édifiera un obstacle antichar contenu tout le long du front.

Le 7 septembre 1939, Daladier nomme le général Héring gouverneur militaire de Paris et le lendemain, celui-ci définit les principes de la Position de sûreté antichar de Paris que Gamelin approuve dans l’après-midi. Les reconnaissances es les études sont terminées le 20 septembre, les travaux commencent le 25 sous la direction du chef du génie du gouvernement militaire de Paris, le général Chauvineau. Plusieurs RRT  (régiments régionaux de travailleurs) sont affectés à la réalisation de cette position destinée à être occupée par 3 divisions d’infanterie pourvues d’un complément de canons antichars de 25 mm pour pouvoir utiliser tous les emplacements bétonnés.

Le tracé est défini pour les cours de l’Oise de Pontoise à Précy, puis de la Novette et de la Grivette avec la trouée de Nanteuil, enfin les vallées de l’Ourcq et de la Marne depuis Mareuil jusqu’à La Ferté-sous-Jouarre Les travaux sont divisés en secteurs. Compte tenu des enseignements de la campagne de Pologne, le conception des môles est abandonnée le 12 septembre et remplacée par celle d’une ligne de ralentissement des chars, combinant un obstacle et des feux antichars et d’infanterie. Malgré les rigueurs du terrible hiver 1939-1940 et la misère des moyens, les travaux vont bon train. Chauvineau, qu’on voit très souvent sur les chantiers, n’y est pas étranger. De 61 blockhaus terminés fin décembre 1939, on passe au double fin février 1940, puis à 269 au 18 avril. Ceux-ci, construits en fabrication de campagne et sans cuirassement, sont de deux modèles.

– bouclier antichar pour canon de 25 mm, se déclinant en version normale, mur frontal épaisseur de 50 cm de béton armé, et en version renforcée , épaisseur 70 cm.
– coupole bétonnée type 7ème RM, pour mitrailleuse. Ces organes sont implantés de façon à tirer frontalement sur les points ou en flanquement de l’obstacle antichar. La où l’obstacle crée par la rivière est insuffisant, on tend des inondation vallées de de la Nonette et de la Grivette, plus de 13 km cumulés et on creuse environ 15 km  de fossés antichars simplement clayonnés. Les ponts et les brèches sont barrés par des barrages constitués de plusieurs rangs de tétraèdres métalliques, confectionnés spécialement pour la position de Paris.

À fin mai, les travaux du programme de septembre 1939 sont terminés, bien que toutes les portes n’aient pas été livrées.Le général Héring obtient alors des vieux canons de marine 47 et 65 mm et pourra encore couler une vingtaine d’encuvements avant l’attaque allemande de mi-juin.

Programme des travaux en région Parisienne
Blockhaus terminés et blockhaus en construction au 21 mars 1939

  • Groupe de secteurs de l’Est : 77 Boucliers pour canon de 25 mm AC , 49 coupoles pour mitrailleuses, total 126
  • Groupe de secteurs du Nord : 56 Boucliers pour canon de 25 mm AC , 46 coupoles pour mitrailleuses, total 102
  • Groupe de secteurs de l’Ouest : 41 Boucliers pour canon de 25 mm AC , 35 coupoles pour mitrailleuses, total 76

L’ensemble représente 10 000 m³ de béton