13 juin 2017

La CORF

La Commission d’Organisation des Régions Fortifiées 

On sait que la CORF avait été créé le avec la présidence de l’inspecteur général du génie, le général Fillonneau qui conservait néanmoins le poste de secrétaire de la CDF. La continuité des vues d’une commission à l’autre était ainsi assurée. La CORF comprenait également les généraux Guitry sous-chef d’état-major de l’armée, futur gouverneur de Metz de 1934 à 1936, Heusch, Culmann artilleur et poulain de Guillaumat, chef du secrétariat de la Commission. Un cinquième membre est nommé en juin 1928 : il s’agit du général Challéat, inspecteur des études et expériences techniques de l’artillerie. En fait, ce dernier va se révéler le perturbateur de l”équipe, bombardant ses collèges de notes techniques, se battant bec et ongles pour la défense de des ses idées, en particulier pour l’adoption d’un canon obusier dérivant du 75 modèle 97 au lieu du matériel provenant de la marine ou de l’industrie privée.

La CORF tient 55 régions plénières de 1927 à 1935 dont la majorité (25) en 1929-1930. Elle dispose de délégations locales Metz,Strasbourg, puis Grenoble et Nice pour la phase de conception. Pour la phase réalisation, les ordres d’exécution seront donnés par la direction du génie général Lefort, au nom prédestinés aux délégations qui deviennent alors des directions des travaux de fortifications. Il en résulte que ce sont les délégations locales qui font tout le travail, la Commission orientant les reconnaissances et les études et assurant la critique avant de les proposer au Ministre.

Le 29 décembre 1927, le ministre Painlevé fait connaître ses directives à la la CORF 

– adoption du tracé des positions étudiées par la CDF;
– adoption ds formes techniques proposées par la CDF et le CSG avis du 12 octobre 1927;
– détermination de l’ordre d’urgence des travaux à exécuter trois urgences au total avec, en outre, deux cycles pour la première.

Il ne reste plus qu’à passer du projet à la réalité. Le 7 décembre 1927, le général Fillonneau charge le général Culmann de fournir aux délégations locales du génie de Metz et de Strasbourg, les documents leur permettant d’entamer l’étude des avant-projets d’ouvrages à réaliser en 1928, c’est-à-dire :

– en décembre 1927, les instructions détaillées de la CORF avec notamment les points sensibles à fortifier;
– en février 1928, une note de synthèse établie à la demande du maréchal Pétain et comprenant des indications d’ordre général fortifications, dépenses et effectifs du temps de paix et des notices sur les deux régions fortifiées;
– des avant-projets reprenant les tableaux des caractéristiques des ouvrages permanents et des cartes renseignées de la positon Lauter – Vosges, de la position frontière de Metz et de la position de barrage.

Ces Avant-projets CORF début février 1928 reflètent en réalité les idées de Fillonneau : des ouvrages puissants construits aux points importants de la ligne de résistance et disposés à la demande du terrain. Ces organes sont reliés à l’arrière par des communications souterraines et sont complétés par des tourelles d’artillerie. Quelques-uns sont prévus sous forme de fort palmé (prix 60 millions) mais la majorité sont des forts ou des systèmes de deux demi-forts (coût de 35 à 40 millions). des organes complémentaires observatoire, abris sont prévus dans les intervalles des ouvrages puissants mais n’assurent pas la continuité du barrage de feux. Le général Fillonneau n’a donc pas respecté à la lettre la décision du CSG et les ouvrages puissants peuvent être tournés par les intervalles ! Le 14 février 1928, une haute commission ministérielle formée de Pétain des généraux Guillaumat et Debeney approuve les avant-projets qui vont être soumis au Ministre après quelques modifications de détail suggérées à nouveau par Pétain en particulier, que les organes soient séparés  car il y voit des avantages.

Le rapport de mars 1928

Le 12 mars 1928 en effet, la CORF définit dans un rapport détaillé, l’organisation des fronts fortifiés d’une part et les formes techniques qu’elle entend donner à la fortification d’autre part.

Les fronts fortifiés

Dans son rapport, la commission entérine tout d”abord le principe émis par la CDF quant au nombre des régions fortifiées et à leur degré d’urgence, à savoir, en premier la RF de Metz, en second la RF  Lauter et en troisième la RF Haute-Alsace.

La commission a retenu le principe d’une défense linéaire réalisée sur deux positions, une position frontière et une position de barrage s”appuyant sur les anciennes organisations de Metz pour la RF Metz, de Belfort pour la RF Haute-Alsace et à créer pour la RF Lauter.

Les fronts seront constitués par des ouvrages puissants à raison d’un tous les six kilomètres environ, ce qui, compte tenu de la portée prévue des obusiers, permet de faire couvrir chaque ouvrage par quatre collatéraux. Ces ouvrages puissants seront en principe du type concentré mais selon la nature de relief, ils pourront éventuellement être du type articulé, voire palmé dans certains cas exceptionnels, et comporter des ouvrages à tourelles.

Entre les ouvrages puissants, seront réalisés des ouvrages intermédiaires destinés à assurer la continuité des feux d’infanterie.

La CDF  s’étant ralliée aux propositions de Pétain après son périple de l’été  1927 de donner la même puissance aux positions frontières et aux positions de barrage, la CORF est amenée à rétablir un certain degré d’urgence qui affine quelque peu celui proposé par la CDF.

Première urgence : la RF de Metz position frontière et position de barrage : aile nord-est et la RF de la Lauter position frontière et défense du Rhin. Cette première urgence est elle-même scindée en deux cycles, le premier s’étendant de 1928 à 1931 et couvrant uniquement, dans la RF de Metz, la zone Rochonvillers à la Nied, dans la RF Lauter, la zone Bitche – Siersthal, la zone de destructions des Basses-Vosges et la zone de Lembach à Trimbach.

Deuxième urgence : la RF Haute-Alsace position frontière et position de barrage et Saverne position de couverture de Bénestroff dernière la trouée de la Sarre.

Troisième urgence : le Nord équipement de la position frontière et position de barrage Rethel-Château-Porcien. Le s fronts fortifiés nécessitent la mise en place d’une infrastruture adaptée et la commission propose de prévoir divers équipements complémentaires:

– un système de transmissions téléphoniques, radiotélégraphiques et optiques. Le réseau téléphonique notamment devra être enterré en grade partie pour échapper à la desstruction et permettre des connexions avec les troupes de campagne;
– un système d’alimentation en énergie électrique par l’arrière;
– un système de ravitaillement comportant des dépôts arrières, un réseau routier adapté et un réseau de voie de 0,60 m :
– un équipement topographique