La ligne CEZF

La commission d’études des zones fortifiées

 

 

 

Un blockhaus double surmonté d’une cloche centrale est entouré d’un réseau de barbelés. Un champ de rails circulaire, portant l’intitulé CEZF, entouré la cloche. La pointe d’écu, qui est affectée aux trois couleurs nationales entourant un écusson noir d”état major, rappelle que la CEZF est réalité une direction technique (snf)

 

 

 

Défendre en profondeur

Le 6 septembre, alors que les hostilités viennent à peine de commencer, le général Gamelin envisage de compléter le plus tôt possible nos systèmes fortifiés sur nos divers fronts neutres , front pyrénéen excepté en utilisant des procédures modernes aussi rapides que possible décision n° 058-3/FT. Cette décision prouve que Garmelin envisage une guerre longue si les Allemands lui laissent le temps de renforcer son système fortifié. Constituée ce même 6 septembre au sein du grand quartier général, la Commission d’études des zones fortifiés est placée sous la direction du général Belhague , ancien président de la défunte CORF, avec comme adjoints les généraux Lefort ancien directeur du génie au ministère de la Guerre et Philippe IGG en titre. Après le départ de Belhague et de Lefort le 15 janvier 1940. C’est le général Philippe qui en devient le président avec le général Grenet comme adjoint. La CEZF sera dissoute le 6 juillet 1940.

Le général Belhague se met de suite au travail et, du 23 septembre au 6 octobre 1939, les premiers besoins sont estimés. La CEZF doit en effet établir le tracé général et la contexture des positions. Chaque position comprend une ligne principale de résistance et une ligne d’arrêt ajournée par principe, chaque ligne comportant un obstacle antichar (fossé), un réseau de fil de fer large de 6 m et des casemates STG.

Ces organes avec dalle de 2 m selon la note du 29 décembre 1938 sont des unités très lourdes qui n’ont rien à envier en termes de solidité aux casemates CORF. conçus avec un seul étage, ils disposent de locaux suffisamment vastes pour abriter le personnel et généralement deux chambres de tir en échelons refusés. Comme leur homologues de la série précédente, leur principale faiblesse réside dans leur armement dont la puissance de feu n’est certainement pas en rapport avec la masse de béton coulée.

Le tracé de cette ligne fortifiée devant servir de deuxième position d’armée est établi en collaboration avec les généraux commandants d’armées, la CEZF ayant un rôle de coordinateur.

Pour l’exécution des travaux, la CEZF fait appel aux entreprises civiles pour l’encadrement technique et le matériel nécessaire, pelles mécaniques, bétonnières, etc, tandis que la main d’oeuvre est fournie par la réserve générale du GQG et le ministère des travaux publics (bataillons du génie, travailleurs espagnoles et nord-africains, etc.).

Le programme complet de la 2ème position représente une longueur d’environ 600 km , partagée en quatre tranches de 150 km chacun, soit une tranche en 1939-1940, deux tranches en 1940 et une tranche en 1941. Le coût total est estimé par le général Belhague à 1 800 millions environ ( à la charge du ministère de la Guerre), non compris la fourniture d’outillage et le cuirassement incombant au ministère de l’armement. Ne sont pas comprises  également les dépenses relatives aux observatoires, aux PC, aux transmissions et l’aménagement des routes. Enfin, ni l’armement, ni les munitions apportés par les occupants ne figurent dans ces estimations. Alerté, le ministre Daladier décide que, compte tenu du critère fortification permanente attribué à ces organisations défensives, le crédits CEZF seront gérés par l’administration centrale.

Les travaux s’effectue sur 10 régions ayant chacune en moyenne 15 km de front, en arrière de zones particulièrement sensible ou trop faiblement fortifiées. Le programme initial, représente 172 blockhaus et 156 km d’obstacle antichar, le 15 octobre avec l’espoir d’avoir terminé pour le 1er avril 1940.

Les commandes des cuirassements le 27 septembre 1939. Là aussi, le chiffre sont éloquents 900 cloches livrables à partir d’avril 1940, 1 300 créneaux pour FM, 2 800 trémies pour créneaux de mitrailleuse, 2 800 trémies tôle épaisse en acier moulé pour canon de 25 mm, 1 200 portes et 1 200 grilles. On peut donc en déduire que le général Belhague prévoit la construction de 1 000 casemates double et 200 simples, dont 300 démunies de cloche, à raison d’une casemate par kilomètre sur deux lignes 600 km de front.