BATAILLES INSCRITES AU DRAPEAU
VERDUN (ferme de Thiaumont), mars-avril 1916.
(PÉRIODE DU 20 OCTOBRE 1916 AU 25 JANVIER 1917)
Le 20 octobre 1916, le régiment est embarqué par le train et en camions-autos à destination de Dugny. Il cantonne à Haudainville. Le soir même, les officiers font la reconnaissance du terrain, mais le régiment ne monte en ligne que le 29 octobre. A 18 heures, les 1er et 2ème bataillons relèvent en première ligne le 333ème et les 50ème et 71ème B.C.P. Relève particulièrement difficile, les guides connaissant mal les emplacements occupés depuis vingt quatre heures seulement par leurs régiments. Le 3ème bataillon va en réserve de division au Tunnel-Ouest. Le 118ème occupe le secteur de Vaux, qu’il doit organiser en vue d’une attaque du fort. L’attaque de février a été enrayée. La reprise du fort de Douaumont a entamé la ligne de résistance ennemie. Le fort de Vaux est menacé, mais les Boches ne le lâcheront qu’après nous avoir infligé le maximum de pertes. Leur artillerie lourde fait de terribles tirs de destruction et nous cause des pertes élevées. Les tranchées sont retournées. Le P.C. du chef du Ier bataillon à la Carrière est démoli ; 6 de ses agents de liaison sont tués, 10 autres blessés. Dans les entonnoirs de leurs 105, 210 et 305 disparaissent hommes et matériel. Mais notre artillerie ne reste pas inactive. Nos concentrations de feux font sauter leurs dépôts de munitions et gênent le ravitaillement du fort, qui n’est plus assuré que par un seul cheminement. Le 2 novembre, un radio allemand, surpris par un de nos postes, annonce l’évacuation du- fort. Plutôt que de soutenir une lutte meurtrière et inégale, les Boches préfèrent abandonner la position. Le commandant Bontz désigne la compagnie Fouache (3ème compagnie) pour aller en reconnaissance, vérifier l’exactitude de ce fait. 40 grenadiers du 298ème, commandés par le lieutenant DioL, un, détachement du génie, munis d’explosifs, accompagnent cette compagnie. A 23 h. 30, les unités désignées sont en position. L’ordre ‘d’attaque est donné pour 1 heure. Deux patrouilles du 118ème R.I. sont envoyées : adjudant Le Lay, direction corne ouest du fort; sergent Cheylan, direction corne sud du fort. Ces patrouilles arrivent sans incident dans- les fossés du fort. Sur renseignements de ces patrouilles, la 3ème compagnie se porte en avant. Le sergent Cheylan découvre, à droite de la porte d’entrée, à la gorge du fort, un éboulement, qui permet au capitaine Fouache, au lieutenant Mathelier et à une dizaine d’hommes du 118ème d’escalader le fort. Ils parcourent la superstructure, notamment vers la tourelle de 75, sans trouver d’issue. En revenant près de l’éboulement qui leur avait permis l’escalade, le capitaine Fouache tombe du haut du fort dans le fossé et se contusionne gravement. Le lieutenant Mathelier, continuant les recherches, trouve près de la porte de la gorge, un trou bouché par des sacs de terre; il est ouvert à coups de pioches et les détachements du 118ème et du 298ème pénètrent dans ce trou. Le lieutenant Mathelier continue ensuite sa progression et pousse sa compagnie à l’extérieur dans les fossés du fort. Vers 3 heures, nous occupons complètement le fort. Le régiment est relevé le soir du 3 et va cantonner à Haudainville. Quatre jours après, le général commandant la 44ème brigade transmettait aux 19ème et 1180 les félicitations du général de division pour la façon brillante dont ils s’étaient comportés pendant cette dure période. Le général commandant la 44ème brigade est heureux de transmettre aux officiers, sous-officiers et soldats des 19ème et 118ème régiments d’infanterie,, les félicitations du général Bouyssou, commandant la 22ème division, pour la façon brillt-5ite dont ils se sont comportés devant le fort de Vaux. Le général commandant la 44ème brigade n’en a point été surpris. Il savait que ces régiments sont toujours ceux de la Boisselle, Tahure, la Brosse-à-Dents et Thiaumont. Merci à tous: » Le général commandant la 44ème brigade, Signé : Général DE LAVILLÉON. En transmettant ces félicitations, le leutenant-colonel est heureux d’y joindre les ‘siennes et d’exprimer toute sa satisfaction et ses remerciements aux officiers, sous-officiers et soldats du 118ème, pour l’entrain, l’énergie et la bonne humeur montrés par le régiment pendant cette période difficile. Le lieutenant-colonel commandant le 118ème, Signé : FRANTZ. Le 7 novembre, le sous-lieutenant Delaunay passe au 151ème R.I. Le 14 novembre, l’aspirant Collin est nommé sous- lieutenant. Les sous-lieutenants Fravallo, Plotteau, Lods, Le Sayec sont nommés lieutenants. Le 9 novembre, le régiment reprend le, secteur jusqu’au 17 novembre. Le 3ème. bataillon occupe le quartier du Bois Fumin. Le 2ème bataillon est au quartier de Vaux (tranchées en avant du fort). Le 1er bataillon a deux compagnies (2ème et 30ème) aux tranchées Curtenaz et Trébizonde avec le chef de bataillon; les deux autres compagnies (1′ compagnie et 1″ C.M.) vont au fort de Vaux, y tenir garnison avec le capitaine dé Neuville, adjudant-major ait 1er bataillon, ‘comme major du fort. Pendant toute cette période, l’artillerie allemande est particulièrement active; les obus de 105, 150, 210, 380 pleuvent sur le ravin du Bazil, ravin des Fontaines, Bois Fumin, Etang de Vaux, et surtout sur le fort de Vaux et les tranchées avoisinantes: Les tranchées et boyaux sont journellement bouleversés. Notre artillerie riposte et exécute des .tirs violents sur l’ouvrage et la croupe d’Hardaumont. Le 17 novembre, le régiment,- relevé par le 19ème, va cantonner à Haudainville (E.-M. et 2ème bataillon), Belrupt (3ème bataillon) et Tunnel de Tavannes-Ouest (Ier bataillon). Le 118ème reçoit un renfort de 2 officiers (lieutenant Derrien et ‘sous-lieutenant Guais), ‘et 329 hommes, et le 21 novembre, il relève le 116ème dans le secteur de Damloup, où il reste jus qu’au 30 décembre, après repos à Hatudainville. L’hiver est dur, le terrain boiefeux. Malgré ces conditions, les travaux sont poussés avec, là grande grande activité et le régiment remet en état les tranchés.1/41. Du 31 décembre 1916 au 29 janvier 1917, le 118ème occupe le sous-secteur ‘Maubois, zone de, Moulainville. Le 22, le régiment s’embarque à D.ugny et va cantonner Givrauval, Ligny-en-Barrois, Morlaincourt. Le 28, embarquement de tout le régiment à Ligny-en Barrois et débarquement, le 29, dans la région de Meaux. L’E.-M. et la C.H.R. s’installent à Quincy-Ségy; le 1er bataillon, à Magny-Saint-Loup; le 20ème bataillon, à Voisin; le 3ème bataillon, à Coulommes. Un long repos dans cette région vient récompenser la division des efforts qu’elle avait fournis, et lui permet de faire son instruction en vue de l’attaque de l’Aisne. Le 5 février, le commandant Berneval reçoit la croix d’officier de la Légion d’honneur. Le ’11 février, le lieutenaht-colonel Frantz est nommé colonel et affecté au commandement de la 124ème brigade. il est remplacé dans son .commandement par le lieutenant colonel Vaginay, venant du 312ème. Le 14 février, le sous-lieutenant Henneuse est nommé il titre définitif. Le sous-lieutenant Talec passe au 151ème R.I, Le 7 mars, sont nommés sous-lieutenants : adjudant Jamesse, 3ème compagnie; aspirant Malinjond, 9ème compagnie; aspirant Cariou, C.M. 2; aspirant .Laherre, 7ème compagnie aspirant Trellu, 2ème compagnie. Le 19 mars, le régiment alerté embarque en autos sur la route QUincy à’Meaux et débarque le soir à Longpont, Violaine, Corcy, où il cantonne. Le 23 mars, le 118ème R.I. est mis à la disposition .du 37ème C.A. et va cantonner à Rozières, Septmonts, Noyant, Sucrerie de Noyant, et le 28, il occupe Soissons. Le 30 mars, le capitaine Lapelle-Lateullère passe au 151ème R.I.