EN 1914-LES DIFFÉRENTS ÉLEMENTS QUI COMPOSE UN FORT

Entre 1874 et 1885, le fort Séré de Rivières était construit en pierre de taille avec un revêtement de terre de 2 à 5 mètres d’épaisseur, son armement est principalement déployé à l’extérieur, soit entre les traverses-abris, soit sous quelques tourelles et casemates en fonte dure.
Cet ouvrage occupe une position stratégique dans le but de défendre une ou plusieurs voies de communication pour ralentir ou stopper une armée ennemie. Contrairement à la citadelle, sa forme polygonale, avec des fossés secs protégés au canon depuis des casemates d’artillerie basses appelées caponnières, l’empêche d’être attaquée par l’infanterie ennemie. Le fort est un ouvrage autonome qui a la capacité de se défendre mutuellement avec ses voisins. Il est élaboré dans le but de résister théoriquement à un siège de 90 jours.
En mai 1885 et 1887, la crise de l’obus-torpille va totalement perturber ces nouvelles fortifications, les rendant obsolètes. Pour faire face à cette crise, les ingénieurs militaires vont mettre en place de nouvelles mesures. Répartir les pièces d’artillerie lourdes qui étaient auparavant concentrées dans l’enceinte des forts. Elles devront être placées dans de multiples batteries extérieures, beaucoup plus difficiles à localiser.
  • Mettre en place des abris d’infanterie et des ouvrages d’infanterie pour assurer la protection de ces batteries en première ligne.
  • Répartir les munitions pour limiter les risques en centralisant les ressources dans les magasins centraux, les dépôts intermédiaires des batteries ou les magasins de secteurs.
  • Les nouveaux forts perdent leur rôle de grosses batteries, mais ils restent en place pour défendre les intervalles et les observatoires dans le secteur.
 
Pour garantir la protection des garnisons et des réserves en munitions qui restent dans les forts, des locaux renforcés par une carapace en béton spécial de 2,50 mètres d’épaisseur sont requis, après 1897,on a utilisé du béton armé avec une épaisseur de 1,50 mètre.
Il n’y a que quelques pièces d’artillerie légères, comme des canons de 80 ou de 90 mm, qui sont conservées. Dans des abris prévus à l’épreuve, elles pourront facilement se mettre à l’abri en cas de bombardement.
Pour assurer une meilleure protection, les rares pièces de gros calibre sont placées sous des tourelles cuirassées en acier ou en fer.Les places fortifiées seront confrontées à un problème de transport en raison de la dispersion de l’artillerie, car il faut assurer le ravitaillement de ces ouvrages.
Le colonel Péchot a créé un réseau de 60 voies en 1888 pour relier les quatre places de l’Est : Verdun,Toul, Épinal et Belfort.
Dans les forts isolés, comme les forts d’arrêt ou les forts de rideau, il est impossible de fournir de l’artillerie et des munitions à l’extérieur des ouvrages. Seules quelques ajustements seront effectués pour protéger, en particulier, les munitions des nouveaux obus.
En 1914, la ligne de défense est en pleine expansion, avec des projets de renforcement qui se poursuivront jusqu’en 1922. Les forts renforcés et les nouveaux ouvrages peuvent résister à des tirs systématiques de 270 mm, ce qui en fait le calibrage le plus gros de l’armée de terre française à cette époque. L’artillerie de ces ouvrages est fréquemment placée sous casemates ou cuirassements, ce qui garantit leur défense après et pendant les bombardements. En temps de paix, les ouvrages les plus modernes sont équipés de réseaux civils, et d’une cuisine électrique en cas de confits. Néanmoins, ces travaux, qui perturbent et prennent beaucoup de temps, sont extrêmement coûteux. À l’Est, seules quelques constructions (Maubeuge, Verdun, Toul, Épinal et Belfort)
ont subi des modifications, ainsi qu’une partie des constructions côtières et quelques forts près de la frontière italienne.